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Judaicia

Edito du président

Président du Consistoire Israélite du Bas-Rhin (C.I.B.R.), Francis Lévy a succédé à Jean KAHN à cette fonction  D’abord au sein de la Communauté Israélite de Strasbourg (C.I.S.) jusqu’en 2006, puis au C.I.B.R où il occupe le siège de Président depuis cette date. A 61 ans, ce dirigeant de société à la retraite est chargé d’une mission d’importance : redynamiser le Consistoire bas-rhinois.

- Quels sont les principaux projets de votre mandat actuel ?
- Quand je suis arrivé au Consistoire, j’ai dû faire face à de gros problèmes financiers et administratifs. La situation était délicate, le système vieillissant. Mon premier mandat a donc eu pour but de mener, p

endant quatre ans, une réelle remise à plat de ces différents points. Ensuite, en 2010, pour mon deuxième mandat, l’objectif était de s’attaquer aux vrais problèmes.

- Justement, quels étaient ces problèmes ?
- Tout d’abord, la gestion du patrimoine et des communautés du département. Le souci majeur des communautés du département est celui de la perte de la relation de confiance entre elles et le Consistoire. Nous avons donc organisé, avec mes collaborateurs et le Directeur des Affaires consistoriales, des réunions avec les Présidents de ces communautés et les responsables des cimetières. L’idée était de recréer un climat de confiance et de responsabilité entre chacun.

Deuxièmement, la cacherout. C’est un chantier que nous menons encore actuellement mais qui, à nos yeux, est primordial pour différentes raisons. Nous avons, dans un premier temps, structuré ce secteur : un responsable a été recruté, une organisation a été définie, et des règles édictées. Quand ce dossier sera clos, cela aura un impact positif majeur pour nos coreligionnaires puisqu’il permettra de réduire les prix des produits cacher. Pour y arriver, il faudra, dans les prochains temps, renforcer le label « Beth Din de Strasbourg ». Quand ce label sera plus important qu’il ne l’est aujourd’hui, quand nous maîtriserons la chaîne complète, alors nous pourrons jouer sur les prix et, de ce fait, imposer des tarifs plus abordables. Il faut que les produits cacher redeviennent accessibles ! Aujourd’hui, nous n’avons, hélas, pas de poids sur les tarifs affichés et les marges pratiquées.

Anticiper le départ à la retraite de nos rabbins et réorganiser la structure 

Dernier point sur lequel nous travaillons actuellement, le culte. Nous avons diligenté un audit auprès du rabbinat dont l’objectif est de revoir le fonctionnement, d’organiser et de légiférer. Nous nous devons d’anticiper les prochains départs à la retraite de certains de nos rabbins. Il va nous falloir renouveler les équipes d’ici peu et, pour cela, nous avons souhaité travailler en amont.

- Ce sont des projets plutôt lourds…
- Certes, mais je ne suis pas seul pour les mener à bien. Le Consistoire est composé de six élus plus le Grand Rabbin de Strasbourg. C’est un travail d’équipe auquel participe activement, également, le Responsable administratif. En 2007, la  situation était difficile. J’ai eu la chance d’avoir des gens compétents à mes côtés car le système est réellement vieillissant. Beaucoup de choses auraient déjà dû être faites. Elles sont à notre charge maintenant…

- Y a-t-il d’autres projets auxquels vous souhaitez vous attaquer ?
- Il y en a certainement d’autres : la pérennité de notre Judaïsme dans les départements cultuel et culture, les relations avec nos confrères haut-rhinois et mosellans, notre implication au niveau national en nous faisant comprendre et surtout en pouvant  nous impliquer dans les relations au Consistoire central de France. Mais le patrimoine et les communautés, la cacherout et le culte sont, aujourd’hui, nos priorités. Et je rappelle que les problèmes financiers avaient été résolus en amont.

La fusion, nous y arriverons

- L’année dernière, il a longtemps été question d’une fusion. Qu’en est-il ?
- Nous y arriverons, c’est un passage obligé. Mais nous ne voulions pas brusquer les choses. On a donc décidé de suspendre cela. Je dis bien « suspendre », cela veut donc dire qu’elle se fera. D’ailleurs, le mandat des administrateurs de la Communauté Israélite de Strasbourg n’est que de trois ans afin que les calendriers communautaire et consistorial concordent.

- Quel regard portez-vous sur les communautés bas-rhinoises ? Restent-elles vivantes ?
- Oui, il y a encore des communautés très actives. Elles organisent les grandes fêtes, quelques offices, créent des évènements culturels, entretiennent leur cimetière et les mémoires des disparus. Le Consistoire se doit d’être à leur côté pour construire, pour aider, pour les épauler dans ces différentes missions.

L’objectif est de rassembler

- Comment le judaïsme s’exprime-t-il aujourd’hui dans le Bas-Rhin ? Quelle est la relation entre les individus et le Consistoire ?
- Les difficultés sont les mêmes qu’à Paris ou ailleurs dans les grandes villes. Mais Strasbourg est considérée par beaucoup comme une ville pilote. Strasbourg a conservé et reste attaché à un judaïsme traditionnel, où les deux rites se côtoient de manière très proche. Nous sommes montrés en exemple ! Il existe un certain nombre de familles qui vivent leur judaïsme à travers des organismes privés. Ces organismes dispensent un judaïsme très performant, mais je ne cache pas que nous souhaiterions que ces familles reviennent vers nous.

La force de notre communauté est sa solidarité et son côté responsable. Mais il y a eu trop de dispersion depuis de nombreuses années. Sans doute avons-nous commis des erreurs. Nous sommes tous responsables. Mais l’objectif est de rassembler à nouveau. Car l’institution reste, malgré tout, le dernier endroit où se croisent et se côtoient différentes tendances, partageant des convictions communes.